Les 20 fautes les plus fréquentes, et comment les éviter

Certaines erreurs reviennent sans cesse, dans les courriels comme sur les sites web. Voici les plus courantes, avec la règle et un moyen simple de ne plus les commettre.

1. Participe passé en -é ou infinitif en -er

C'est la faute la plus répandue. L'astuce : remplacez le verbe par un verbe comme « prendre » ou « vendre ». Si vous entendez « pris » ou « vendu », écrivez -é. Si vous entendez « prendre » ou « vendre », écrivez -er.

Il a manger toute la tarte.

Il a mangé toute la tarte. (il a pris)

Je vais vous envoyé le devis.

Je vais vous envoyer le devis. (je vais vous vendre)

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2. Futur en -ai ou conditionnel en -ais

À la première personne, le futur se termine par -ai et le conditionnel par -ais. Pour les distinguer, passez à « nous » : « nous viendrons » est un futur, « nous viendrions » est un conditionnel.

Je viendrais demain sans faute.

Je viendrai demain sans faute. (nous viendrons)

Si j'avais le temps, je viendrai.

Si j'avais le temps, je viendrais. (nous viendrions)

3. « Je vous ai » et non « je vous est »

Avec « je », l'auxiliaire avoir se conjugue « ai ». Le pronom « vous » placé entre les deux trompe l'oreille, mais le sujet reste bien « je ».

Je vous est envoyé le dossier hier.

Je vous ai envoyé le dossier hier.

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4. L'accord du verbe avec un sujet éloigné

Le verbe s'accorde avec son sujet, même quand un complément au pluriel s'intercale. Demandez-vous qui fait l'action.

La liste des candidats retenus sont affichées.

La liste des candidats retenus est affichée.

5. « Leur » devant un verbe

Placé devant un verbe, « leur » est un pronom : il ne prend jamais de s. Il s'accorde seulement quand il précède un nom au pluriel.

Je leurs ai répondu.

Je leur ai répondu. Ils ont reçu leurs colis.

6. « Tout » devant un adjectif

Devant un adjectif, « tout » signifie « entièrement » et reste invariable, sauf devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré, pour des raisons de prononciation.

Elles sont toutes étonnées.

Elles sont tout étonnées, mais elles sont toutes contentes.

7. « Quel que » ou « quelque »

Devant le verbe être au subjonctif, on écrit « quel que » en deux mots, et « quel » s'accorde avec le sujet.

Quelque soit la solution choisie.

Quelle que soit la solution choisie.

8. Vingt et cent

« Vingt » et « cent » prennent un s quand ils sont multipliés et terminent le nombre. « Mille » est toujours invariable.

Quatre-vingt euros, deux cents trois pages, trois milles visiteurs.

Quatre-vingts euros, deux cent trois pages, trois mille visiteurs.

Depuis les rectifications orthographiques de 1990, on peut aussi relier tous les éléments d'un nombre par des traits d'union : « deux-cent-trois ».

9. « Ci-joint »

« Ci-joint » reste invariable en tête de phrase ou devant un nom sans déterminant. Placé après le nom, il s'accorde.

Ci-jointes les factures.

Ci-joint les factures. Veuillez trouver les factures ci-jointes.

10. « Après que » suivi de l'indicatif

« Après que » exprime un fait accompli : il se construit avec l'indicatif, contrairement à « avant que », qui demande le subjonctif.

Après qu'il soit parti, la réunion a repris.

Après qu'il est parti, la réunion a repris.

11. « Malgré que »

L'Académie française déconseille « malgré que » au sens de « bien que ». Préférez « bien que » ou « quoique », suivis du subjonctif.

Malgré qu'il pleuve, nous sortirons.

Bien qu'il pleuve, nous sortirons.

12. « Pallier » un problème

« Pallier » se construit sans préposition : on pallie quelque chose.

Pour pallier à ce manque de personnel.

Pour pallier ce manque de personnel.

13. « Se rappeler » quelque chose

On se rappelle quelque chose, mais on se souvient de quelque chose. Le mélange des deux constructions est une faute fréquente.

Je me rappelle de cette journée.

Je me rappelle cette journée. Je me souviens de cette journée.

14. « Au temps pour moi »

Pour reconnaître son erreur, l'Académie française recommande « au temps pour moi », qui vient du vocabulaire militaire : on reprend le mouvement depuis le premier temps. La graphie « autant pour moi » est très répandue, mais elle n'est pas celle que retient l'Académie.

15. « Censé » ou « sensé »

« Censé » signifie « supposé » : il est suivi d'un infinitif. « Sensé » signifie « qui a du bon sens ».

Vous êtes sensé rendre ce dossier lundi.

Vous êtes censé rendre ce dossier lundi. C'est une remarque sensée.

16. « Davantage » ou « d'avantage »

« Davantage », en un mot, signifie « plus ». « D'avantage », en deux mots, s'emploie quand on parle d'un avantage.

Il faudrait d'avantage de temps.

Il faudrait davantage de temps. Je ne vois pas d'avantage à cette offre.

17. « Plutôt » ou « plus tôt »

« Plutôt » exprime une préférence. « Plus tôt » est le contraire de « plus tard ».

Venez plutôt si vous le pouvez, la réunion est avancée.

Venez plus tôt si vous le pouvez. Je prendrai plutôt le train.

18. « Près de » ou « prêt à »

« Prêt à » signifie « disposé à ». « Près de » signifie « sur le point de », ou marque la proximité.

Je ne suis pas prêt de recommencer.

Je ne suis pas près de recommencer. Je suis prêt à partir.

19. « Voire » ou « voir »

« Voire » signifie « et même ». « Voir » est le verbe.

Cela prendra des semaines, voir des mois.

Cela prendra des semaines, voire des mois.

20. Les mots que l'on écorche

Certains mots sont si souvent mal écrits que la faute finit par sembler normale. Voici les plus fréquents, dans leur bonne orthographe : parmi, malgré, connexion, adresse, exemple, langage, développement, rappeler, apercevoir, courriel, occurrence, dilemme.

N'oubliez pas non plus les accents sur les majuscules : l'Académie française rappelle qu'ils ont pleine valeur orthographique. On écrit « À bientôt » et « l'État ».

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